15 (excellentes) séries où ce sont les femmes qui mènent

15 (excellentes) séries où ce sont les femmes qui mènent

Pour celles et ceux qui ont besoin par ces temps sombres et froids de se réfugier sous la couette avec une bonne série, réjouissez-vous car je vous apporte une petite sélection ! Mais comme on est « chez moi », je vais vous parler de ces séries féministes et/ou avec des femmes comme personnages principaux. C’est encore quand on parle de ce qu’on adore qu’on écrit le mieux ! Je me suis rendue compte que 99% des séries que je regarde sont « menées » par des femmes, et la plupart sont d’excellentes séries, loin d’être confidentielles. Pour autant, vous êtes peut-être passé-e-s à côté, et c’est bien bien dommage. Qu’elles soient comiques ou dramatiques, voilà les femmes de la situation pour passer de belles soirées « Netflix ».

Dans le genre vraiment féministe et « empowering » :

Orphan Black

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Je vous mets le meilleur en premier au cas où vous ne lisez pas jusqu’au bout, car s’il y a une série à retenir, c’est Orphan Black. L’histoire d’une jeune femme qui découvre qu’elle a des clones, et commence à creuser un peu le mystère qui entoure sa vie, ses origines, ce qui va la mener à se battre contre la grosse entreprise responsable de l’expérience génétique qu’elle représente, et contre l’espèce de secte eugéniste qui gravite autour, adepte des modifications du corps humain. C’est aussi et surtout l’histoire de ses « sœurs », du lien qui les lie, de leurs histoires d’amour, de famille, d’ambition, de vengeance, etc etc. Une histoire originale, du « girl power », un gros shoot de « sororité », un casting à 90% féminin, avec quelques beaux personnages masculins en second rôle, et surtout, des actrices formidables, dont celle qui joue l’héroïne (et une dizaine de ses clones !!!), Tatiana Maslany, l’actrice la plus douée de sa génération, récompensée par un Emmy (les oscars de la télévision) l’année dernière. C’est une série très prenante, avec des personnages attachants, un beau message, et un minimum de diversité. Bref, il faut la voir !

Borgen

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Borgen, l’histoire de la première femme première ministre du Danemark. Déjà c’est une série Arte. C’est prenant, c’est génial, et on ne peut pas ne pas tomber amoureux et en admiration devant Birgitte Nyborg (jouée par Sidse Babett Knudsen). Cette série du début des années 2010 raconte l’accession au pouvoir de la première femme première ministre au Danemark (c’est une fiction plus ou moins inspirée du réel). La série balaie des sujets comme l’articulation entre vie de famille et hautes responsabilités, le fait de ne pas être prise au sérieux, la difficulté de garder son intégrité face à la réalité de l’exercice du pouvoir. Bref, comme son sous-titre l’indique, c’est l’histoire d’« une femme au pouvoir », c’est hyper intéressant, c’est bien fait… Ah comme j’aimerais pouvoir découvrir Borgen à nouveau !

The Handmaids’ Tale

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The Handmaids’ tale, c’est la série dystopique sur un futur effrayant où le peu de femmes fertiles qui restent sont réduites en esclavage au service de familles riches stériles. Le livre dont est tiré la série se veut volontairement féministe et une alerte sur les attaques continues dont fait l’objet le corps de la femme. Il rappelle ce que disait Simone de Beauvoir : « N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits de la femme soient remis en question ». Ici, il s’agit d’une crise écologique et économique, avec l’intrication d’une forte religiosité là-dedans, avec un retour et finalement l’accession au pouvoir d’un mouvement catholique intégriste qui base le quotidien de la vie des gens sur la Bible. Ce sont un peu des amish en plus flippant. L’actrice principale, Elizabeth Moss, y est exceptionnelle, et on apprécie la présence de Samira Wiley, inoubliable Poussey d’Orange Is The New Black.

Orange Is The New Black

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Orange Is The New Black, justement, a aussi sa place au panthéon des merveilleuses séries féminines et féministes. Avec déjà 5 saisons au compteur (il y en aura au moins 6), créée par l’excellente Jenji Kohan, elle conte le quotidien de femmes emprisonnées dans des centres à sécurité minimale. Les personnages sont multiples et divers, ce qui fait que la série est salutaire en termes de représentation des femmes noires, lesbiennes, transgenres (parfois tout cela à la fois), latinos, musulmanes, pauvres, toxicos et sujettes à des troubles mentaux. En plus de cela, c’est drôle, c’est passionnant, les personnages sont attachants, c’est bien filmé et c’est original. On n’avait jamais rien vu de tel. Je ne vais pas m’étendre dessus car j’avais déjà écrit 10 raisons pour lesquelles regarder cette série, alors si ce n’est toujours pas fait, vous avez maintenant de quoi vous motiver.

Dans le genre comique

Il y a toute une série (aha, humour, pun intended) de comédies mettant en scène principalement des femmes, contrairement à ce qu’on aurait pu imaginer il y a quelques années (voir mon (super) article sur l’avènement des femmes dans la comédie). Elles ont toutes eu leur moment de gloire mais ne sont pas forcément hyper connues alors rendons leur justice :

Unbreakable Kimmy Schmidt

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Unbreakable Kimmy Schmidt est pour moi un ovni qu’il faut avoir expérimenté : c’est une série complètement folle sur une femme de 30 ans qui découvre le monde après 15 ans enfermée dans un bunker par un gourou qui l’avait enlevée. Du coup Kimmy est complètement à côté de la plaque, elle est naïve, mais elle a cette bonté inhérente et ses a priori positifs sur tous les gens qu’elle rencontre. C’est vraiment neuf, l’humour tombe juste, il est grinçant, et permet à la série de dénoncer le sexisme, le cynisme de notre monde, et de juste nous faire passer un très bon moment. Le premier second rôle est un homme gay noir, l’autre une vieille folle, et puis il y a Jacqueline Vorhees, jouée par la géniale Jane Krakowski, qui est en fait une pure caricature de la New Yorkaise pleine aux as mais malheureuse (sans oublier sa belle-fille, tellement drôle de méchanceté, Xanthippe). Derrière cette série, il y a une de mes idoles, Tina Fey, connue pour son implication dans l’émission Saturday Night Live, dont elle relate l’expérience dans…

30 Rock

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Cette série raconte les aventures et mésaventures de Liz Lemon, qui gère un show comique hebdomadaire diffusé en live (une version fictive du Saturday Night Live et de Tina Fey, donc) et se débat entre ses comédien-ne-s complètement stupides (dont Jane Krakowski ♥♥♥) et ses scénaristes tout aussi nul-le-s. Elle galère en amour, elle n’est pas spécialement jolie ni douée, elle est un peu un anti-héros et ça fait du bien. Car elle est quand même attachante et très très drôle. C’est sympa et original de suivre une histoire comme ça du point de vue d’un personnage féminin qui est ici la boss, la narratrice, le personnage principal, et, derrière, la productrice. C’est une des premières séries que je conseille aux gens qui ont fait le tour des séries comiques au format 20 minutes. Ce bijou est bien trop méconnu à mon goût.

Parks and Recreation

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Quand on parle de Tina Fey, il faut parler de son amie de toujours, Amy Poehler, qui après le SNL a lancé sa série Parks and Recreation, un truc génial sur la vie d’un service municipal d’une petite ville américaine, dont les employé-e-s de bureau sont tous aussi stupides et géniaux (et géniales !) les un-e-s que les autres. C’est donc mené par le personnage d’Amy Poehler, Leslie Knope, qui de son bureau de chef de département aspire à devenir la prochaine Hillary Clinton, en commençant par le Conseil Municipal. A nouveau, cela donne un nouveau souffle sur la comédie, car on a ici une héroïne hyper drôle, avec ses qualités et ses défauts, mais surtout un caractère à ne rien lâcher, une gnaque de leader, et ça fait du bien. Tout dans Leslie Knope, de son parcours à sa personnalité, en passant par ses répliques, reflète un certain esprit féministe : elle ne se laissera jamais rien dicter et se battra toujours pour être respectée, en tant que femme, comme l’égale de ses collègues (dont certains sont bien méprisables). La série dépeint aussi de vraies relations d’amitié entre femmes, comme avec Leslie et Ann, qui contrairement à 90% des fictions existantes (films et séries) ne sont pas que deux personnages féminins mis ensemble pour parler de garçons. Sans oublier la géniale April Ludgate (oui cela fait 3 fois que j’utilise le mot génial à propos de Parks and Rec), jouée par la non moins géniale Aubrey Plaza, qui sert avec brio ce personnage cynique et, il faut le dire encore une fois, absolument hilarant.

Grace and Frankie

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Mention spéciale à cette histoire de deux septuagénaires dont l’amitié commence quand leurs maris respectifs les quittent pour… se mettre ensemble. Si la cohabitation est difficile au début, il va de soi que leur relation va évoluer vers quelque chose de solide et de beau à voir. C’est vraiment ce qui caractérise cette série, d’une fraîcheur unique, tout comme l’opportunité de voir des héroïnes de plus de 70 ans à la télévision, dans des rôles aussi mordants, aussi originaux, aussi géniaux : oui, c’est beau à voir. Ça parle des problèmes de femmes âgées, de féminité, d’amitié, d’amour, de vieillesse, d’être gentiment poussée vers la sortie par la société, etc etc. Jane Fonda et Lily Tomlin y campent deux personnages forts, qui vont rebondir après que la vie les ait bousculés, qui ne vont jamais se laisser faire, et assumer leurs entêtements. Tout en laissant ouverts leurs cœurs à de nouveaux amants, ami-e-s, et surtout à leur famille, dont les « enfants » adultes apportent aussi leur lot d’émotions et de péripéties. C’est unique en son genre, et c’est formidable de pouvoir avoir cet aperçu dans la vie de « vieilles » femmes et de leurs problèmes. Alors pour voir Lily Tomlin et Jane Fonda se lancer en colocation, espionner leurs ex, s’engueuler avec leurs enfants, manier du pistolet et du pinceau (et voir Martin Sheen en vieil homosexuel qui aime les comédies musicales), direction Grace and Frankie !

New Girl

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Même si c’est dans un style plus choral et plus « Friends », j’aime bien aussi la série New Girl qui parle d’une colocation de trentenaires à Los Angeles, mais dont l’héroïne est Jessica Day, une institutrice un peu à côté de la plaque. C’est drôle, émouvant, et les personnages sont attachants. C’est moderne et Jess brille aussi par son esprit féministe. Indépendante et entêtée, elle est complexe et contradictoire, mais jamais en reste de répartie antisexiste. La série est aussi plutôt progressiste en matière de représentations des genres et des caractères soi-disant masculins ou féminins. C’est une jolie série joyeuse qui vaut vraiment le détour et qui fait du bien en renouvelant le genre Série colocs, usé par les mêmes motifs, blagues récurrentes et personnages uni dimensionnels.

Enfin, évoquons des séries comme Jane The Virgin, une des seules dont le personnage principal est une femme latino, très drôle, rafraîchissante et moderne, ou d’autres séries comme Veep et Daria. J’ai le défaut de ne pas avoir vu ces deux dernières séries, mais il paraît qu’elles sont incontournables et je ne pouvais pas ne pas citer une série qui met en scène une femme vice-présidente des Etats-Unis (Veep, avec Julia-Louis Dreyfus, 6 Emmy au compteur pour ce rôle), et un dessin animé dont le personnage principal, Daria, est une lycéenne cynique à l’humour sarcastique, qui préfère vivre en marge des autres avec sa meilleure amie Jane. En France, j’ai aimé la série Dix pour cent, qui ne se débrouille pas trop mal en termes d’originalité, et dont un des personnages principaux est une femme lesbienne et badass, Andréa. Elle est presque trop insensible parfois, mais cela va aussi avec son intransigeance, son indépendance et sa confiance, qui lui vont bien.

Ces séries sont salutaires. Elles sont pour la plupart à mourir de rire, et c’est passionant de voir ces personnages principaux qui sont des femmes complexes, multidimensionnelles, indépendantes, et qui offrent une nouvelle vision, un modèle qu’on ne voit pas assez sur le petit ou grand écran. J’en parlais déjà dans mon article sur les femmes dans la comédie.

Dans le genre plus sérieux

Masters of Sex

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Cette série produite et réalisée par une femme, Michelle Ashford, présente un duo de personnages principaux, dont Virginia Johnson, campée par Lizzy Caplan. J’avais déjà fait un article sur cette série et pourquoi elle vaut le coup. Le personnage de Virginia est vraiment intéressant car il détonne dans le contexte : cela commence dans les années 50 aux Etats-Unis et Virginia est une jeune mère célibataire, qui se débrouille toute seule, qui travaille, qui a des aventures et assume sa sexualité. Elle est résolument moderne, voire avant-gardiste, et c’est aussi son caractère qui la poussera elle et son associé / futur mari Bill Masters à poursuivre de manière avancée leur recherche sur le comportement sexuel humain. La série est hyper intéressante et ses personnages féminins riches, originaux et rafraîchissants. Foncez, au moins pour la première saison !

Homeland

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Toujours dans les séries plus « dramatiques », comment ne pas évoquer Homeland et son héroïne Carrie Mathison, agent de la CIA qui s’intéresse à un militaire libéré après avoir été pris en otage, et qu’elle soupçonne d’avoir été « retourné » contre son pays par des terroristes. Si j’ai trouvé les saisons suivantes plus lassantes, les deux premières sont encore hyper accrocheuses et haletantes. C’est surtout pas mal de voir un personnage féminin fort comme Carrie, à l’opposé de toutes les représentations classiques des femmes dans des séries policières / d’espionnage, où elles sont généralement encore cantonnées aux seconds rôles. Carrie est un personnages ambivalent, pour qui on a du mal à éprouver de la sympathie, mais qu’on a quand même envie de suivre. Dès le début, la série en fait un personnage qui est simplement un agent avant d’être une femme, évitant de tomber dans certains clichés, même si plus tard est évoqué le conflit entre travail et maternité. En même temps, ce sujet est plus traité en lien avec les démons intérieurs de Carrie et ses troubles psychiques.

Once upon a time

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Dans un genre plus inclassable, je ne peux m’empêcher de citer Once upon a time, qui sous ses airs de série pour ados présente beaucoup de choses très intéressantes. Si la série revisite tous les contes de fées qu’on connaît à l’époque moderne (et de manière souvent surprenante et intelligente), ici pas de princesses-petites-choses-fragiles. Les héroïnes sont badass, et ce sont elles qui mènent tous les combats de front contre les « grands méchants » (et surtout les grandes méchantes). N’hésitez pas à aller à la rencontre d’Emma, prête à tout pour défendre sa famille, de Snow White version flèches, carquois et duels au corps-à-corps, et, surtout, de l’Evil Queen, un merveilleux concentré de pouvoir, d’humour cinglant et d’amour aussi, dans un personnage entier et complexe, servi par une Lana Parilla en grande forme, et, il faut bien le dire, méchamment sexy.

Charmed

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Pour le clin d’œil, je me dois de citer la première série « girl power » que je regardais, à savoir Charmed, la série sur les trois sorcières de San Francisco, qui passent leur vie à combattre des démons qui débarquent dans leur salon et à gérer leurs histoires d’amour compliquées. Si la série a quelques écueils, il n’empêche qu’elle représentait des héroïnes combatives, indépendantes, avec une représentation intéressante des relations familiales, du lien entre sœurs et de l’héritage des matriarches. Elle montrait à toutes les jeunes filles qu’elles deviendraient des personnes à part entière, qui seraient capables de grandes choses et pourraient compter sur elles-mêmes pour se défendre face aux démons de leurs vies (ho ho ho).

The L Word

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En termes de séries menées par des femmes, comment ne pas parler de The L word. Si la communauté LGBT débat régulièrement de la qualité de la série, on ne peut pas nier qu’elle est une révolution à elle toute seule. Pour la première fois, la télévision diffusait à heure de grande écoute une série où tous les personnages principaux sont des femmes lesbiennes. Diffusée à partir de 2004, c’était avant-gardiste de miser sur un casting quasi 100% féminin représentant des femmes 100% queer. Si elle a un peu pêché en termes de représentation (des bi, des trans et des personnes de couleur et de différentes classes sociales), la série s’est améliorée au fil des années pour produire des histoires riches et balayer de nombreux sujets comme le coming-out, la maternité, l’infidélité, l’engagement, la maladie, la mort, les relations familiales, amoureuses, les difficultés professionnelles et puis, au cœur de tout cela, l’amitié entre femmes. The L word c’était neuf, c’était excitant, et c’était fou de pouvoir un minimum se projeter dans des personnages de fiction. Esthétiquement, c’était vraiment pas mal, et les dialogues étaient savoureux, surtout les répliques de Bette, féministe jusqu’au bout des ongles, et d’Alice, politiquement incorrecte.

Je glisse aussi un mot sur une série plus confidentielle, X Company, une petite série canadienne sur des espion-ne-s dans la seconde guerre mondiale, où le groupe de 5 est mené par une femme, Aurora Luft, jouée par la merveilleuse, la parfaite Evelyne Brochu. Ce n’est peut-être pas le blockbuster du siècle, mais c’est une agréable surprise, et quand on n’a pas l’habitude de regarder des séries historiques, ça change !

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Voilà pour des idées de séries où la représentation des personnages féminins changent de l’archétype habituel. Elles permettent de montrer la richesse et la complexité de ces femmes et de rappeler, c’est malheureux, qu’elles sont des personnes à part entière, des meneuses, des combattantes, des femmes normales, des mères en galère, des mauvaises ou des bonnes amies, des personnes avec toutes leurs capacités et contradictions. En cela, elles ouvrent le champ des possibles aux téléspectatrices et changent peut-être le regard de certains téléspectateurs. Quoiqu’il en soit, une meilleure représentation des femmes, dans toute leur diversité, est toujours bonne à prendre, alors, rien que pour ça, allez à la rencontre de Sarah Manning (Orphan Black), Leslie Knope (Parks and Rec), Jess (New Girl) et les autres…

Ecrit par Déborah Liss

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