Tenté-e par le FN ? Leur programme est trompeur et dangereux

Tenté-e par le FN ? Leur programme est trompeur et dangereux

La forme a un peu changé, pas le fond.

On se demande toujours que faire face au Front National, le diaboliser, le traiter comme les autres, faire peur ou expliquer rationnellement, écouter ses électeurs ou écarter directement tous ceux et celles tenté-e-s par la vague bleu marine ? Et si on ne parlait pas assez du programme ? Si déjà, les médias se penchaient un peu plus dessus et moins sur les petites phrases et les sondages ? Chacun-e à notre échelle, on peut essayer d’y voir plus clair. Et montrer que le programme du FN est, au mieux, irréaliste et basé sur de « belles » phrases populistes, au pire vraiment dangereux pour la démocratie, le vivre-ensemble et les moins privilégié-e-s.

Le programme du Front National commence ses 144 engagements (oui, c’est long) avec un joli mot de Marine, comme l’appelle ses militant-e-s et fans, qui annonce déjà la couleur : Marine veut « remettre la France en ordre ». Et il s’agit d’un « choix de civilisation ».

S’il habille ses engagements d’une illusion de pouvoir rendu au peuple et d’aide aux « petits » le FN prévoit en réalité une société isolée et divisée, régie par la répression. Sans surprise, ils arrivent à prendre la plupart des sujets sous le prisme de l’immigration et de l’islam, et font de la sortie de l’Europe une obsession.

L’organisation du programme traduit déjà la tendance à mettre de beaux concepts en avant pour faire appel à l’émotion, voyez plutôt : les sept chapitres dépeignent une France Libre, Sûre, Prospère, Juste, Fière, Puissante, Durable.

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Une France libre ?

La conception de la liberté du Front National, c’est évidemment se libérer du joug de l’Union Européenne et retrouver sa souveraineté. Comment ? Ils proposent de faire un référendum sur la sortie de l’Union Européenne. Bonne nouvelle, cela veut dire que le FN au pouvoir ne peut garantir à 100% une sortie de l’UE. Cela veut aussi dire que le FN ment en promettant à ses électeurs une sortie de l’UE. Ensuite, ils axent leur programme sur la parole au peuple : plus de proportionnelle dans les élections, plus de référendums (« créer un véritable référendum d’initiative populaire »), et baisser le nombre de parlementaires (passer de plus de 700 députés aujourd’hui à 300 par exemple). A voir dans quelle mesure c’est faisable et à quel point ce n’est pas juste un écran de fumée pour donner l’illusion de redonner le pouvoir au peuple avant de ne transformer tout ça qu’en gigantesques plébiscites. Ils parlent encore de liberté avec la volonté de « garantir la liberté d’expression » et la « liberté numérique », en les inscrivant dans la Constitution. Mais dans la même mesure, ils précisent qu’ils veulent renforcer la lutte contre le « cyber djihadisme ! »

On reviendra souvent à l’islam. Quand on se croit béni de lire « Droits des femmes et égalité hommes-femmes », on redescend vite : car oui, c’est l’islam qui fait reculer les droits des femmes ! C’est vrai qu’on a attendu d’avoir des compatriotes musulmans pour avoir le sexisme, la culture du viol, l’inégalité salariale, le slut shaming, et avant ça le non-droit de vote et la non-autonomie financière. Le Front National n’a que faire des droits des femmes et s’en sert encore une fois juste pour pouvoir accuser les musulmans. C’est à vomir.

Dans son passage Liberté, le FN parle de l’école et pour lui, ce qui est important, c’est de pouvoir scolariser ses enfants où on veut. C’est le genre de procédé qui va à l’encontre de la mixité sociale dans les écoles, et crée de la ghettoïsation. C’est aussi une référence à l’enseignement libre, l’enseignement catholique auquel le FN est attaché. Mais attention ! Dans le même temps, il faudra « contrôler la compatibilité avec les valeurs de la République des enseignements des écoles privées hors contrat », ce qui veut dire, en gros, garder à l’œil les écoles musulmanes.

Pour une « France sûre », le retour à l’autoritarisme et la répression

Voilà une partie qui sent bon la répression et garantit que le Front National reste attaché à ses vieux chevaux de bataille : répression et tendance sécuritaire. Voyez plutôt :

Ils veulent « Réarmer massivement les forces de l’ordre » et mettre en place la présomption de légitime défense. Non seulement ça sent un virage bien sécuritaire, mais en plus on peut se demander si les moyens sont là. Cette mesure va de pair avec un « Plan de désarmement des banlieues concernées » et la « Reprise en main par l’Etat des zones de non-droit ». Ici les mesures ne sont clairement là que pour séduire les gens qui ont peur, le vocabulaire est simpliste et cela manque de précision. On se demande quelles sont les zones de non-droit dont ils parlent, et comment exactement ils comptent les « reprendre ».

Pour ce qui est de la justice, c’est simple, il faut arrêter le « laxisme » (un vocabulaire régulièrement employé à l’extrême-droite, pour dire que la justice française est bien trop gentille avec les délinquant-e-s et criminel-le-s). Le mot est utilisé de manière simpliste dans des engagements comme la « Suppression des lois laxistes (Loi Taubira) » et la « Suppression de l’Ecole Nationale de Magistrature pour rompre avec la culture du laxisme ». On ne saura pas du tout en quoi l’ENM favorise le laxisme. C’est vraiment la technique d’utilisation de termes pseudo intelligents comme arguments d’autorité.

Bien sûr ils veulent aussi rétablir les peines planchers introduites sous Sarkozy puis supprimées. De manière très catégorique aussi, le FN veut « Expulser automatiquement les criminels et délinquants étrangers ». On imagine la difficile faisabilité du procédé. Et puis, c’est quoi étranger ? Cela compte aussi pour les européen-ne-s ? Et on les range où les binationaux et binatonales ? Encore du blabla simpliste pour attirer les électeurs et électrices à tendance raciste.

Car dans ce chapitre Sûre, on parle évidemment beaucoup des étranger-e-s, qui sont la source de tous les maux. Le FN veut sortir de l’espace Schengen et rétablir les frontières. C’est difficilement applicable notamment si les français-e-s décident de rester dans l’Union Européenne. Surtout, cela demanderait des moyens humains et financiers considérables pour remettre des douanes.. et des douanier-e-s. Le FN lui-même avait budgété plus de 500 millions d’euros sur 5 ans dans son projet en 2012 pour pouvoir remettre 4000 policier-e-s et gendarmes aux frontières.

Le FN veut ensuite « Rendre impossible la régularisation d’étrangers irréguliers ». Comme ça c’est clair. Et réduire l’immigration légale à 10 000 par an. Ils veulent supprimer le droit du sol et la double nationalité extra européenne. C’est là qu’on peut se demander ce que veut dire extra européenne si on n’est plus dans l’Union Européenne. A moitié russe, c’est extra européen du coup ou pas ? C’est sûrement juste une manière sympa de dire que les arabes et les autres africain-e-s ne pourront plus avoir la double-nationalité.

C’est là que le FN parle d’éradiquer le terrorisme, et donc exclusivement de l’islam. Le parti bleu marine veut créer une  « Agence unique de lutte anti terroriste rattachée au premier ministre » et « Briser les réseaux fondamentalistes islamistes ». On n’en saura pas tellement plus. Comment détermine-t-on ce qu’est un réseau fondamentaliste islamiste ? Comment on le démantèle ? A quel point n’y a-t-il pas un risque de dérive psychotique ? On met ici encore des mots forts pour faire réagir les gens. On veut aussi mettre en place la « Détention préventive de tout français en lien avec une organisation étrangère suscitant actes d’hostilité envers la France », ce qui pose les mêmes questions de subjectivité et de suspicion généralisée. Cette mesure s’appliquerait aux français-e-s, car tou-te-s les étranger-e-s en lien avec les islamistes seraient directement expulsé-e-s.

« Une France prospère », sauf que cela ne marche pas

Le projet du FN pour rendre sa prospérité à la France se base globalement sur le protectionnisme, la préférence nationale, sortir de l’euro, et redresser les dépenses publiques.

Le programme parle de réindustralisation, de protectionnisme et de monnaie nationale. Problème : aucune clause, rien ne permet à un pays de sortir de la zone euro. Surtout, le retour à une monnaie nationale serait une catastrophe pour l’économie du pays, estime une étude de l’Institut Montaigne, autant au niveau de l’emploi que du PIB.

En attendant, Marine Le Pen parle de patriotisme économique et de se libérer des contraintes européennes, pour les marchés publics notamment. La préférence nationale se sent partout. Ils veulent aussi créer un « Contrôle des Investissements étrangers » par une « Autorité de sûreté économique ».

Sauf que le protectionnisme du FN n’est pas une position politique tenable : si la France reste dans l’UE, user de mesures discriminatoires envers les marchés étrangers est formellement interdit par les traités. Traités qui garantissent quand même l’intérêt général, n’obligeant personne au libre-échange absolu.

Ensuite, pour remettre de l’ordre dans les finances publiques, il faut s’attaquer aux « mauvaises dépenses », qui sont, évidemment, « liées à l’immigration et l’UE ». Il y a un moment, le FN a dû se dire « Pourquoi se faire chier à expliquer ? Il suffit de mettre ces deux mots dans une phrase pour attirer l’électeur de base ». Donc la dette de la France c’est la faute des étranger-e-s et de l’Union Européenne. Par contre, prendre l’argent de l’UE pour des assistant-e-s parlementaires fictifs/fictives, c’est probablement une « bonne dépense ».

Tout au long de son programme, le FN assume cette contradiction, ou espère qu’elle ne sera pas relevée : il veut ouvrir à fond le robinet des dépenses publiques (ce qui n’est pas forcément une mauvaise idée selon ce qu’on en fait, un meilleur service public étant une intention louable), tout en ayant zéro ressources pour financer tout ça, car le FN n’oublie pas qu’il est de droite et propose très souvent des exonérations de charges et de la défiscalisation. C’est donc complètement incompatible, et prouve que son seul but est de séduire en ratissant large et en disant ce que tout le monde voudrait entendre. Moins d’impôts, plus de service public. Ce qui est mathématiquement impossible, à moins de faire plus de dette. Ce qui est contradictoire avec le FN qui dit vouloir « Remettre de l’ordre dans les finances publiques ».

Dans cette même France prospère, le FN met en avant sa politique nataliste assumée, en voulant rétablir les allocations familiales pour toutes les familles. Enfin les familles françaises. Toujours dans sa vision de baisse des dépenses publiques (non), le FN veut instaurer une prime de pouvoir d’achat pour les bas revenus, de 80€ par mois en moyenne, prise sur une taxe à l’importation. Cela colle avec la vision protectionniste du parti, mais cette taxe pourrait être néfaste pour l’économie française. Il ne faut pas croire que les pays dont les produits seraient taxés ne réagiraient pas en taxant des produits français qui s’exportent bien et font tourner l’économie. Surtout, une telle taxe veut dire des produits plus chers, ce qui impacterait principalement les bas revenus. Le serpent se mort la queue et il n’y a pas forcément d’augmentation du pouvoir d’achat en fait.

Pour ce qui est des entreprises, le FN veut le retour à la défiscalisation des heures supplémentaires et le maintien de leur majoration. Une mesure mise en place sous Sarkozy qui s’était révélée inefficace, avait dégradé l’emploi (car près de la moitié des entreprises concernées utilisaient cette possibilité comme alternative à l’embauche), et avait privé l’Etat de 4 milliards d’euros par an de cotisation.

« Juste », mais pas pour tou-te-s

Dans ses objectifs de santé, le FN veut plus de protection sociale pour les français-e-s et élever le numerus clausus du nombre de médecins. C’est encore un faux universalisme car ces engagements sont liés directement au rejet de l’étranger (le parti justifie la hausse du numerus clausus par le fait dene plus avoir recours à des médecins étrangers). Car un des autres engagements est de « Supprimer l’Aide Médicale d’Etat aux clandestins ». Le Pen oublie sûrement que la santé est collective et que tout le monde gagne à ce que son voisin soit soigné. Rappelons aussi la magie d’une telle mesure dans un chapitre nommé « Une France juste ».

Jamais avare de dépenses publiques supplémentaires, il veut aussi augmenter les effectifs de la fonction publique hospitalière, promesse louable mais probablement vaine, aucune ressource supplémentaire n’étant évoquée. Surtout qu’en parallèle, ils veulent encore mettre en place des déductions de charges pour les médecins qui s’installeraient en déserts médicaux.

C’est là aussi que le FN parle de fiscalité et veut séduire les moins riches à coups de non-hausse d’impôts. Ils parlent de « Refus de hausse de la TVA », de baisse de 10% de l’impôt sur le revenu pour les trois premières tranches, mais à côté de cela, le FN s’est toujours prononcé pour la suppression de l’Impôt de Solidarité sur la Fortune. Et quand il parle de « Renforcer la solidarité intergénérationnelle », de pouvoir « transmettre sans taxation 100 000 euros à chaque enfant tous les cinq ans (au lieu de quinze ans actuellement) et en augmentant le plafond des donations sans taxation aux petits-enfants à 50 000 euros, également tous les cinq ans », c’est en fait un cadeau aux plus fortuné-e-s.

Dans le sous-titre « Chacun doit trouver sa place », on trouve des mesures pour l’emploi des jeunes (exonération totale des charges pour ceux qui emploient des jeunes), la responsabilité des structures de formation de leur trouver un stage etc. Mais aussi, dans un registre complètement différent, le maintien de l’interdiction de la GPA (« face aux pressions d’autorités supranationales », entendre l’Europe, mais cette fois la CEDH, qui a condamné la France à de nombreuses reprises sur sa gestion des enfants nés de GPA à l’étranger), le maintien de la PMA telle qu’elle est aujourd’hui, et l’annulation de la « loi Taubira » (le Mariage pour tous) en créant un « Pacs amélioré ». Au cas où on ne savait pas où était notre place (au 2nd rang).

« Une France Fière » = Identitaire et exclusive

C’est un festival dans ce chapitre, on retrouve bien le FN, même si on voyait bien qu’il n’avait pas perdu ses combats d’origine. On a ici un cocktail de « défendre l’identité nationale » et les valeurs de la « civilisation française », et aussi l’inscription de la priorité nationale dans la Constitution. On ne peut pas dire ce que cela signifierait vraiment, mais c’est certainement l’inscription dans le marbre de l’institutionnalisation voulue par le FN de la discrimination généralisée et légalisée.

De même pour l’inscription dans la Constitution du principe : « La République ne reconnaît aucune communauté. » Des mesures violentes symboliquement, mais pas que. C’est la porte ouverte à ne pas reconnaître les discriminations ou les spécificités et besoins particuliers de certaines populations. Ils disent aussi vouloir revenir à une vraie méritocratie et refuser la discrimination positive.

Un de mes engagements préférés est « Pavoiser en permanence tous les bâtiments publics du drapeau français et en retirer le drapeau européen », histoire de revenir sur l’obsession de l’Europe.

On a aussi directement leur conception de la laïcité dans la mesure « Promouvoir la laïcité et lutter contre le communautarisme ». Ce n’est pas que celle du FN, mais elle s’empare du terme pour faire peur et effacer les religions (enfin pas toutes bien sûr, je ne crois pas avoir entendu le FN parler de communautarisme catholique). Comme beaucoup, ils oublient que la loi de 1905 sur la laïcité est avant tout là pour garantir à tou-te-s l’expression de sa religion.

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Si on doutait encore de la société nationaliste et identitaire que le FN veut faire émerger, rappelant les plus belles heures de Vichy, on a les mesures suivantes :

« Promotion du roman national et refus des repentances d’Etat qui divisent », et l’instauration de l’uniforme dans toutes les écoles.

Enfin, on ne sait pas trop ce qu’une mesure sur le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel fait là, mais le FN veut le réformer pour le rendre moins indépendant et y introduire un collège de représentants de l’Etat. On peut imaginer que cela fait partie d’un vaste chantier pour garantir une culture à la française et justement nourrir ce roman national.

« Une France puissante », qui s’isole de l’Europe

Ici, le FN pense qu’une France puissante c’est une France toute seule, qui a récupéré sa souveraineté. Ils le disent d’ailleurs, en sous-titre : « Refaire de la France un pays majeur dans le monde ». Si ça vous rappelle le « Make America great again » de Trump, c’est normal. Ils espèrent sûrement qu’on puisse être comme il y a 100 ans, où la France était encore un empire colonial, ce qui devrait plus susciter la honte que la gloire (oui mais « Refus des repentances d’Etat » !). On sent cet état d’esprit dans les deux mesures suivantes : « Renforcer les liens entre les peuples qui ont le français en partage », et « Mettre en œuvre une véritable politique de co-développement avec les pays d’Afrique ».

Le FN dit aussi vouloir sortir du commandement militaire de l’OTAN… Mais sans sortir complètement de l’alliance ! Histoire d’essayer de faire l’élève modèle du Président américain. Ils comptent aussi « Assurer une capacité de défense autonome dans tous les domaines » (et donc mettre des moyens dans l’armement et le nombre d’hommes).

Cela va avec une augmentation du budget de la Défense jusqu’à 3% du PIB. Le FN veut revenir au temps des armées, et cela sert évidemment son roman national. Ils s’y voient déjà : rétablir progressivement un service militaire, avoir un second porte avions « baptisé Richelieu », « pérenniser notre force de dissuasion nucléaire », sans parler de « l’augmentation générale du format d’armée (plus d’avions, de navires, de blindés) ». Le problème, c’est que doubler le budget de la Défense se fera forcément au détriment d’un autre budget.

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Une France durable ?

Le programme finit sur ce terme qui ne reste pas trompeur très longtemps. On comprend vite qu’on ne va pas parler d’écologie. La France durable du FN, c’est à nouveau le protectionnisme économique et une agriculture 100% française. Pourquoi s’embarrasser de propositions crédibles ? Le FN veut transformer la Politique Agricole Commune, une politique de l’UE, en « Politique Agricole Française », c’est-à-dire que la France décide des subventions à l’agriculture, et non plus l’Europe. Ils ont aussi dans l’idée de mettre en place une défiscalisation pour les jeunes agriculteurs et agricultrices. C’est encore une fois un manque à gagner pour l’Etat, qui doit financer toutes ces dépenses publiques on ne sait comment.

Puis cela parle un peu d’environnement quand même, et ça dit des choses vraies : le mieux est encore les circuits courts et l’agriculture de proximité. Mais encore une fois on insiste plus sur la raison de préférence nationale que sur l’agriculture biologique (qui n’est jamais évoquée). Ils veulent aussi développer massivement les filières d’énergie renouvelables françaises bien sûr ! Et pas trop d’écologie quand même : le parti des Le Pen prévoit un « moratoire sur l’éolien » et le maintien de l’énergie nucléaire (et donc « refuser la fermeture de la centrale de Fessenheim »).

La France durable c’est ensuite un grand plan logement à intention louable : faciliter l’accès au logement mais aussi à la propriété notamment pour les personnes en logement social, miser sur des logements pauvres en consommation énergétique, revaloriser l’APL pour les jeunes… Puis le naturel revient au galop : « Réserver prioritairement aux Français l’attribution du logement social ».

 

Ceux et celles qui seraient tenté-e-s de voter Front National pour être « anti-système » ou parce qu’ils et elles auraient l’impression de faire la révolution auraient donc bien tort. Au-delà des discours, du visage à moitié acceptable que Marine Le Pen veut se donner, de cette image d’alternative à la vieille politique, il faut voir ce programme : les mêmes rengaines, la même vision d’une France passéiste qui croit pouvoir se passer de ses alliés européens. Une conception hyper rétrograde de la société, un entre-soi, une société de l’exclusion. Un projet qui fait semblant de s’intéresser aux moins privilégié-e-s pour en fait créer un climat de concurrence et de méfiance. En plus de cela, un programme truffé de propositions simplistes et pas forcément faisables, qui ne sont que là pour séduire les fatigué-e-s des gouvernements actuels. Ou des mesures qui, même si elles étaient applicables, seraient en fait soit inefficaces, soit contre-productives et néfastes pour l’économie française et la société.

Ceux et celles qui seraient tenté-e-s de voter Front National devraient au moins jeter un œil à ce projet. Peut-être que certain-e-s verront qu’ils et elles ne s’y reconnaissent pas. Voire pas du tout.

Ecrit par Déborah Liss

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