5 bonnes raisons d’arrêter de manger de la viande

5 bonnes raisons d’arrêter de manger de la viande


« Si les abattoirs avaient des murs en verre, tout le monde serait végétarien. » a dit un jour Paul McCartney , et il avait sûrement raison. Si tout le monde était informé de ce qui se passe dans un élevage et en abattoir, il y en a peut-être bien peu qui continueraient à manger régulièrement de la viande. Comme pour beaucoup de choses, il s’agit surtout de prendre conscience et de s’informer. Car la cruauté envers les animaux n’est pas la seule raison qui pourrait pousser à arrêter de consommer de la viande. En voici quatre de plus.

 
Pour votre santé
 
Si l’on pense automatiquement que devenir végétarien est synonyme de carence, on oublie bien souvent que continuer à manger de la viande n’est pas meilleur pour la santé, bien au contraire.
Manger plus de 100 grammes de viande par jour est un facteur de risque important dans l’exposition à de nombreuses maladies, notamment les maladies cardio-vasculaires, le cholestérol, l’obésité, l’hypertension, le diabète, l’ostéoporose, et le cancer. Une étude de l’American Medical Association (2005) indique ainsi qu’un homme consommant de la viande rouge en quantité a 40% de risque en plus de développer un cancer de l’intestin qu’une personne végétarienne. En effet, la graisse animale n’est pas bonne pour la santé et favorise le développement de ces maladies. Mais surtout, la chair en elle-même est porteuse de problèmes sanitaires.
 
A cause du développement intensif de l’élevage industriel, les animaux contractent des maladies dues à l’environnement dans lequel ils évoluent. C’est pourquoi on leur administre quantité de produits chimiques pour les faire survivre et augmenter le rendement : antibiotiques, hormones de croissance, pesticides. Tout ceci favorise l’apparition de bactéries et de virus, ce qui donne des maladies tristement connues : Creutzfeldt-Jakob (la « Vache folle »), la salmonelle, la grippe aviaire, Ebola ou même E. Coli. Ces maladies développées par les animaux et pouvant se transmettre à l’homme (et vice-versa) s’appellent des zoonoses. Elles peuvent être une bonne raison pour arrêter de manger ceux par qui nous sommes contaminés.
 
Globalement, les conditions exécrables dans lesquelles survivent les animaux d’élevage (entassés les uns sur les autres dans leurs excréments et urines et ingurgitant de nombreux produits) conduisent  à une nourriture bien peu propre dans nos assiettes, puisque leur viande garde la trace de leur vie en élevage.
 
En clair, il a été établi que les végétariens et végétaliens sont en meilleure santé, car ils s’exposent donc moins à de nombreux risques sanitaires. Un auteur américain[1]affirme même qu’ils vivraient significativement plus longtemps, entre 6 et 10 ans en moyenne.
Pour l’environnement
 
L’industrie de la viande est une catastrophe écologique. Elle pollue, elle déforeste, elle pousse à la surconsommation et au gâchis. Selon les Nations Unies, elle représenterait 18% des Gaz à Effet de Serre ! Alors on peut toujours éviter de prendre la voiture et rouler en vélo, mais tant que les différentes industries, et notamment les élevages et leurs corollaires, ne prennent pas leurs responsabilités, on ne sera pas sorti de l’auberge. Car l’industrie rejette du CO2 et du méthane, à cause du fumier, de la digestion des bovins, de l’énergie nécessaire à produire des engrais etc. Le méthane est d’ailleurs très polluant, et est 23 fois plus néfaste en termes de réchauffement climatique que le CO2.
 
Mais l’élevage industriel fait des ravages à plusieurs niveaux : l’élevage bovin est à lui seul responsable à 80% de la déforestation en Amazonie, pour pouvoir créer les champs nécessaires à l’alimentation du bétail…
 
Autre victime de cette industrie, les fonds marins, qui subissent à cause de la pêche, et surtout de la pêche en eau profonde, des dommages importants, sans compter le nombre de victimes animales « collatérales » entraînées dans les filets de pêcheurs et rejetées blessées ou mortes à la mer.
 
Les réserves d’eau potable sont aussi victimes de l’industrie de la viande : excréments et urine polluent les nappes phréatiques, source d’eau potable. Mais le plus grand gâchis est ailleurs, dans la consommation nécessaire à la production de la viande : un seul kilo de bœuf nécessite 15000 litres d’eau. Il est donc assez absurde voire contradictoire de se dire écologiste et de manger des steaks. Sachant que l’eau risque de devenir une denrée rare, de venir à manquer, il faut absolument arrêter l’élevage industriel. En termes de consommation excessive, il y a évidemment aussi les denrées cultivées pour l’alimentation des bêtes : 70% des terres agricoles mondiales sont consacrées à l’élevage global du bétail. Alors au lieu de raser des forêts pour cultiver des céréales en vue de nourrir des êtres vivants qu’on élève dans le but de tuer et manger, on pourrait peut-être mieux optimiser les ressources.
 
 
 
Pour sauver des vies humaines
 
Quand on sait qu’une personne sur neuf souffre de la faim dans le monde, soit 805 millions de personnes, on peut trouver cela aberrant de déployer autant d’énergie et de ressources pour nourrir des bêtes qu’on tue pour notre consommation.
 
Si on utilisait la quantité astronomique de céréales utilisée pour les animaux pour nourrir les êtres humains dans le besoin, on résoudrait peut-être les famines. 450g de bœuf nécessitent 7 kg de céréales, quand 6 kg de céréales pourraient nourrir une bonne douzaine de personnes. Ces 70% de terres agricoles consacrées à l’élevage seraient d’une bien meilleure utilité si elles étaient destinées à nourrir les êtres humains. Refuser de manger de la viande et mettre fin à l’élevage industriel, c’est aussi contribuer à une meilleure distribution des ressources.
 
Pour épargner les animaux
 
C’est évidemment une des raisons principales qui peut pousser à opter pour un régime végétarien. La consommation obéit rarement à une logique rationnelle et on a souvent bien du mal à arrêter de consommer quelque chose dont on sait pertinemment qu’elle est très néfaste. Il n’y a qu’à penser aux cigarettes. En revanche, les émotions et l’empathie sont parfois une motivation bien plus forte, et il suffit parfois de s’informer un peu sur les conditions de vie des animaux d’élevage (en plus de l’aspect maladies) pour être dégoûté de la viande à jamais.
 
Parce que l’industrie de la viande est le lieu par excellence de la cruauté envers les animaux, il peut apparaître difficile de continuer à en consommer d’un point de vue éthique.
Chaque année, on abat au niveau mondial environ 56 milliards d’animaux pour notre consommation.
Ces animaux ressentent la peur et la souffrance, ils raisonnent, ils ont chacun une personnalité. Ni plus ni moins que nos chats ou chiens de compagnie. Il est intriguant de constater que le choix a été fait de considérer certains animaux comme des animaux de ferme puis d’élevage, et d’autres comme des animaux de compagnie. Ce schéma est construit, en témoignent les différences culturelles d’un bout à l’autre de la planète : pourquoi paraît-il aberrant de manger du cheval ou du chien, alors que dans d’autres pays cela est tout à fait normal ? Cette hiérarchie entre les animaux n’a en tout cas pas de valeur scientifique. Les vaches, poulets et cochons ne sont pas moins sensibles que nos petits compagnons. Pourtant, quand on inflige des sévices aux animaux domestiques, cela est considéré comme de la cruauté et est passible de peines. C’est bien ironique quand on voit ce que subissent leurs congénères d’élevage, qui vivent et meurent dans des conditions abominables.
 
Un élevage de porcs en France
Que ce soit les porcs, vaches ou poulets, ils vivent entassés les uns sur les autres, sans voir la lumière du jour. Ils vivent le stress, la souffrance, les maladies, les mutilations : on coupe la queue des porcelets et on les castre, on enlève les cornes des vaches, on les marque au fer rouge, on coupe les becs des poussins. Tout cela sans anesthésie. Les animaux ne peuvent pas exprimer leur comportement naturel : les cochons ne peuvent fouiller la terre, les poules ne peuvent se percher. Une fois devenus plus grands et plus gras de manière accélérée et artificielle, ils sont ensuite envoyés à l’abattoir. S’ils sont censés être étourdi avant d’être abattus, ce n’est pas toujours le cas. Les conditions d’abattage sont loin d’être un rituel propre : les bêtes sont parfois jetées par terre, égorgées conscientes, agonisant dans leur sang.
 
Mais la pratique de l’élevage n’exclue pas les poissons : enclos restreints, entassement des bêtes, proliférations de maladies, tout y est.
 
Dans les élevages de poules pondeuses, les poussins mâles sont tous automatiquement tués, n’ayant pas d’utilité. Ils sont asphyxiés ou déchiquetés, puis on se sert de leurs restes pour fabriquer notamment des produits de beauté. L’industrie du lait et des œufs ne sont donc pas spécialement propres non plus. Mais leur version bio garantit normalement (même si ce n’est pas toujours le cas), un traitement plus humain.
 
Des poules pondeuses entassées dans leur cage
Cela ne me choque pas personnellement que l’on consomme les produits des animaux, leur lait, leurs œufs (contrairement aux végétaliens selon lesquels toute exploitation animale est à bannir, et relève notamment du spécisme). Mais je suis d’avis que même quand on n’élève pas les animaux pour leur chair, il faut les traiter humainement de leur vivant. Les labels bio garantissent en principe que les animaux sont élevés en plein air et ne vivent pas dans les conditions exécrables décrites plus haut.
 
On a donc tout à fait intégré les élevages industriels dans ce que l’on trouve normal. Mais quand on s’y confronte, quand on se rend compte des traitements ignobles et hallucinants qui sont infligés à d’autres êtres vivants, il peut être difficile de continuer à consommer de la viande en connaissance de cause. Je pense qu’on accepte l’idée de ces élevages parce qu’on déconnecte cette réalité de la nourriture qui arrive dans notre assiette. C’est parce qu’on ne connaît pas les véritables conditions de préparation de cette viande, qu’on ne veut pas les connaître, ou qu’on ne réalise pas bien, qu’on continue à manger des cadavres ayant subi des traitements atroces. Ou alors c’est que ça nous est franchement égal. Mais dans le cas contraire, une fois qu’on a vu certaines images, et si on compatit avec cette souffrance, il devient difficile de continuer la conscience tranquille.
 
Quand on cherche des termes comme Industrie de la viande sur Youtube, on trouve facilement des vidéos qui montrent la réalité de l’élevage et de l’abattage.
 
Je me suis cependant rendue compte qu’il était bizarrement difficile de trouver des vidéos sur la France, et que la plupart des clips explicatifs en langue française sont québécois. Mais on peut les regarder quand même, parce que c’est marrant (le québécois, pas le contenu).
Celle-ci est pas mal.
Celle-ci est un peu particulière, mais il y a du vrai.
Celle-ci commence en disant qu’en Europe on a plus conscience du bien-être animal qu’en Amérique, et je pense qu’ils ont tort, car encore une fois il s’agit d’une émission canadienne ; mais la réalité n’est pas autre en France.
Parce que des alternatives existent…
 
Et qu’elles sont cools ! Quand vous arrêtez de manger de la viande, c’est tout un monde qui s’ouvre à vous : soja, tofu, céréales variées, légumineuses et autres substituts. Non pas que ces aliments n’existaient pas avant, mais vous êtes soudainement obligé de revoir votre alimentation et de faire en sorte de l’équilibrer. Si ces noms n’apparaissent peut-être pas très sexy de prime abord, on se rend compte très vite que les repas sans viande peuvent être excellents, et qu’on peut prendre tout autant de plaisir à manger qu’avant. Car finalement, la raison principale pour manger de la viande est bien évidemment le goût et le plaisir. Ils ne disparaîtront pas pour autant.
On peut très bien vivre sans manger de viande et sans manquer de rien. Le fer, les protéines, le calcium, les vitamines, tous les nutriments dont nous avons besoin sont dans la nature. Pour avoir une alimentation complète et équilibrée, il faut surtout associer céréales et légumineuses, c’est-à-dire riz et pâtes complets, semoule, quinoa, blé, boulgour etc, avec haricots blancs, noirs, rouges, lentilles, pois chiches, pois cassés etc. Le tofu et le soja peuvent faire un bon substitut, même si l’industrie du soja a aussi ses défauts. On peut aussi évidemment continuer à manger tous ces plats que l’on aime comme les pizzas et les burgers, mais en version sans viande, ce qui est quand même globalement facile à trouver aujourd’hui.
 
C’est donc bien entendu un certain renoncement mais on découvre aussi plein d’autres choses, et une fois qu’on a revu son alimentation, on s’habitue très facilement. Quoiqu’il arrive, cela vaut le coup : arrêter de manger de la viande reviendrait à sauver une centaine d’animaux par an.
Alors même s’il est évident que les légumes, céréales et produits à base de soja vendus en grande surface font aussi partie d’une industrie pas toujours saine, et dont l’importation est source de pollution, arrêter de manger de la viande est déjà un grand pas.
 
Le problème est surtout que les différentes industries en sont arrivées là dans un souci de baisser leurs coûts au maximum, pour des consommateurs voulant acheter le moins cher possible. Il faudrait que ceux-ci essayent, quand ils le peuvent, de consommer bio et d’accepter de payer plus cher pour une meilleure qualité.
 
L’idéal aujourd’hui, dans une perspective éthique, de bonne santé et de respect de l’environnement, serait de manger bio, local et de saison, et autant que possible végétarien ou même végétalien. Mais si chacun faisait, pour commencer, un petit effort à son rythme, ce serait déjà ça de gagné.


[1] John Robbins, Diet for A New America, 1987. https://www.youtube.com/watch?v=kg5N7XX7Gv0 
Ecrit par Deborah L

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