Cet océan de néant qu’est la télé-réalité

Cet océan de néant qu’est la télé-réalité


Vous savez quoi ? On en est aux Anges de la téléréalité 6.

Et c’est absolument désespérant de voir à quoi en est arrivé la TV. Mais oui, c’est la sixième saison de cette émission fourre-tout où des anciens d’émission de téléréalité tout aussi recherchées (Secret Story, L’île des vérités, L’île de la tentation…) sont payés pour aller en vacances dans des endroits paradisiaques et s’engueuler pour faire le buzz. Cette fois, c’est en Australie qu’ils vont aller faire bronzette et semblant d’avoir des projets et une association caritative. Les précédentes éditions, c’était à Los Angeles, Miami, New York, Hawaii, et encore la Floride. Alors tout le monde avait entendu parler du fameux « Allô » de Nabilla, mais elle n’était que le haut de l’iceberg, car vu le niveau des dialogues, on rate tous les jours des perles. C’est aberrant de constater que de telles émissions passent, sont suivies, et continuent. Parce qu’il y a bien pire que les Anges. On va dire qu’eux au moins, ils tentent d’avoir une utilité, puisqu’ils font l’émission pour réaliser un objectif (en général devenir mannequin, chanteur ou danseur) et pour récolter de l’argent pour des associations.
Donc oui, il y a bien pire, j’ai nommé : Les Ch’tis à … (avec sa variante Les Marseillais à…). Le principe est le même que les Anges : payer des vacances à des jeunes gens paraissant le plus débile possible, dans des lieux de rêves, et…. Et ça s’arrête là. On a eu Les Ch’tis à Ibiza, les Ch’tis font du ski, les Ch’tis à Mykonos, à Las Vegas et à Hollywood. Puis les Marseillais à Rio, pour avoir une version plus méditerranéenne, avec un accent autrement insupportable. Ce qui est impressionnant quand on tombe sur ce genre de programme, c’est le vide intersidéral qui caractérise le contenu de l’émission. Même si on voulait se distraire ou rigoler un peu, on ne peut pas, car il n’y a rien. On a l’impression d’être une caméra de surveillance posée dans une maison, et on observe le quotidien de gens qui dorment, mangent, vont faire la fête, et s’engueulent. Ça devient tellement chiant qu’on ne peut en supporter plus.
Sauf que ça marche, ça fait de l’audience, et ça ne s’arrête plus. Jamais. Loft Story a su s’arrêter à deux saisons, mais on risque bien d’avoir 10 saisons des Anges, et Secret Story comptabilise déjà 8 saisons. C’est donc bien qu’il y a des gens qui regardent ça sérieusement, qui aiment, qui suivent leurs candidats préférés, qui en parlent et qui en redemandent. C’est bien ça le plus grave. Car si tout le monde est peut-être déjà tombé dessus et s’est aéré le cerveau 5 minutes (car il n’y a vraiment RIEN à comprendre, niveau de stimulation intellectuelle zéro), il y a un grand nombre de gens qui regardent assez pour faire de l’audience. Ce qui est grave ici c’est que cette masse de gens n’a pas assez de recul pour se rendre compte à quel point on leur sert de la merde, et quel message on leur véhicule : que le but dans la vie c’est de passer à la télé, qu’on n’a même plus besoin de prétexte pour ça, que la célébrité est une fin en soi, et que c’est normal de gagner je n’sais combien pour se faire filmer en train de traîner au bord de la piscine. Je n’irai même pas jusqu’à parler de l’image de l’homme et la femme soi-disant parfaits, jeunes, beaux, qui évidemment veulent devenir chanteur ou danseuse. Ou juste Ange de la téléréalité en fait. On peut se demander si Amélie a vraiment un projet autre dans la vie, quand on voit qu’elle a juste passé sa vie à faire les Anges 1,2,4 et 5, après avoir brillé à Secret Story 4 (oui j’ai même fait des recherches pour cet article !).
Dans un autre registre, qui m’a assez fait halluciner dernièrement, il y a le Bachelor. C’est quoi le Bachelor ? c’est ça.
On rassemble une vingtaine de filles dans une maison, et elles doivent se battre pour finir avec le Mâle, l’objectif suprême. Chaque semaine, une cérémonie est organisée au cours de laquelle il distribue des roses à celles qu’il veut garder. True story. C’est vraiment magique. La connerie des filles est proportionnelle à leur superficialité. Elles sont belles, jeunes, maigres (sauf pour les seins), elles sont bien coiffées, elles veulent toutes être la préférée, elles sont blanches et on a mis une noire et une ou deux rebeus dans le tas pour faire le quota (point commun à toutes les télé réalités soit dit en passant). Et voilà que leur vie pendant quelques semaines consiste à espérer que Paul, grand brun musclé un peu barbu, conseiller financier à Singapour, leur propose un tête-à-tête, pour espérer être choisie à la fin. Bien sûr il va en embrasser plusieurs, on va avoir droit à des dialogues ma-gni-fiques, puis y aura de la jalousie et des engueulades, c’est super ! Là encore, il y a de l’argent pour les emmener tous en voyage, pour avoir piscine et jacuzzi etc. Et les filles doivent vraiment cohabiter en sachant qu’elles sont en compétition pour la même chose, un être humain en l’occurrence. Quand on y pense et qu’on se rend compte que l’émission existe vraiment, on se dit que c’est quand même aberrant.
Je me suis cantonnée à la France, mais la dérive des téléréalités devient de plus en plus hallucinante, et il y a de tout :  des émissions où le gagnant repart avec un job (on en est où si la tv se substitue à Pôle emploi ?), les émissions où la mère cherche à marier son fils, celles où le but est d’être la reine du shopping, celles où tu dois faire le plus beau mariage et les autres candidates jugent le plus beau jour de ta vie, celles où tu mets ton couple en jeu, voir si ton mec sera tenté par une des tentatrices, celles où tu suis juste toute la vie de « stars » comme Kim Kardashian (et maintenant Nabilla !), celles où une belle blonde doit choisir entre des beaux gosses et des moches, etc. Et il y a évidemment eu des scandales, comme cet homme mort à Koh Lanta, ou cette coréenne qui s’est suicidée car elle ne supporterait pas la diffusion d’une émission à laquelle elle a participé, qui humilie les candidats qui échouent à des tentatives de séduction lors de rendez-vous.
 Koh-Lanta, Loft Story, Les Anges, Masterchef, il y a de tout!
Alors oui, on peut légitimement déprimer et perdre espoir face à la vague de stupidité et de néant paré de gloss qui envahit nos écrans. C’est grave pour ceux qui y participent, parce qu’ils sont catalogués comme cons, vont vite retomber dans l’oubli, faire une dépression et se suicider comme François-Xavier dans Secret Story. C’est grave pour ceux qui regardent sincèrement, et qui vont croire que c’est ça la vie, et perdent l’occasion de se divertir pour de vrai, voire d’apprendre un peu des choses. C’est grave de la part de ceux qui créent ces trucs-là, d’en être arrivé à un niveau de cynisme tel qu’ils sont prêt à mettre autant d’argent dans un programme qui revendique presque sa médiocrité, juste pour en gagner encore plus. C’est juste hallucinant que ce genre de choses existe, et on n’en est sûrement qu’au début. Ce qui fait assez peur, c’est d’avoir l’impression que les gens sont arrivés à un tel niveau d’anesthésie et de blasitude qu’ils ne se rendent juste plus compte de la gravité de ce qu’il se passe. On se demande où sera la limite, quelle sera la prochaine absurdité à apparaître. Peut-être qu’un jour on aura quelque chose comme les Hunger Games sur nos écrans, et tout le monde trouvera ça normal.
Bonus : la parodie des Anges par Canal + :  Les Débiles. On n’est pas loin de la réalité.
Ecrit par Deborah L

3 Commentaires

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